compostelle

juin 4, 2009

1.06.09 32è étape : Pedrouzo - St J. de Compostelle 19km

Classé dans : Uncategorized — pierrelaurent @ 7:04

Après une dernière soirée sur le chemin, arrosée par une bouteille de Cava (champagne espagnol) et une nuit confortable à l’albergue, nous sommes dès 6h30 sur le chemin. Le ciel est toujours clair, le temps très doux et l’avancée se fait sans difficulté se ce n’est encore quelques raidillons.

Après 1h30 de marche, nous nous arrêtons pour le traditionnel café con leche et nous repartons pour les 10 derniers kilomètres. Le paysage ne présente pas de particularités, nous traversons quelques bois d’eucalyptus, longeons l’aéroport de Santiago et découvrons au sommet du monte do Gozo à la fois la ville dans le creux de la vallée et le monument érigé lors de la visite du Jean-Paul II (1993). Très vite alors l’habitat se densifie et nous sommes dans les 1ers quartiers de St Jacques qui nous amènent à la vieille ville.

La cathédrale baroque à la façade monumentale nous apparaît dans l’enchevêtrement des ruelles. Nous nous retrouvons tous sur la place centrale, les pélerins que nous croisons parfois depuis des semaines sont aussi présents. C’est le moment des effusions, de laisser sa joie émmerger. Tout celà est bien sûr immortalisé à coups de flash. Pour certains, ce sera la messe, puis l’hôtel et enfin la remise officielle de la Compostela : document nominatif en latin qui atteste que vous êtes venu à pied.

Un appel téléphonique pour s’assurer que nos épouses, Jean-Paul mon frère ainsi que sa femme Marie-Paule sont bien sur la route pour nous récupérer. Ce soir, détente au programme, demain voyage à Fistera (l’équivalent de la pointe du Raz en Bretagne) : c’est de là que les pélerins ramenaient leur coquille. Mercredi retour vers Nieul après 36 jours avec 1 étape à St Sébastien au pays basque Espagnol.

Salut la compagnie et à la prochaine aventure !

Laurent et Pierre

31 mai 09 : 31ème étape Ribadiso - O Pedruso 22.5 km

Classé dans : Uncategorized — pierrelaurent @ 6:49

Cette étape ressemble à celle d’hier du point de vue des paysages, excepté que l’on traverse de belles forêts d’eucalyptus très odorantes et que le parcours suit des chemins creux comme en Bretagne. Après une soirée calme et un bon repas pélerin, l’extinction des feux a lieu à 22 heures et l’albergiste est inquiète car un pélerin irlandais passablement éméché joue de la guitare folle et a draîné à la cuisine de l’auberge des groupies, dont pour un moment notre ami Jean-Paul. Cependant tout se réglera bien. Toutefois notre concertiste de la nuit (de haut niveau) fera fuir un espagnol du dortoir. Il emportera son matelas à la cuisine pour éviter les harmonies de notre ami Laurent. Pedro croise l’espagnol ce matin et remarque son courroux.

A 7h10 le groupe se met en marche par un temps frais et un ciel dégagé. La journée s’annonce chaude et belle. Avec Laurent nous jouons un tantinet du mano à mano. Celà ne dure pas car notre reporter photographe Jean-Paul nous stoppe plusieurs fois pour la prise de vue idéale. Vers 9h me sentant en forme, je presse le pas et je serai rejoint par Pedro. Nous terminons l’étape ensemble vers 11h20 après avoir doublé nos amis suisses, Jacqueline et André, perdus de vue depuis Najera et entrevus à Portomarins. Ils font une longue étape mais avec portage de sac.

Vers 12h, l’équipe est réunie dans l’auberge privée de OPEDROSO. Elle est neuve et superbe et de surcroît bien entretenue. 10 € pour la nuit, celà les vaut bien. Nous sommes heureux d’être à 17km de Santiago et ce soir Laurent offre la cava, nous avons retenu dans un restaurant sympa pour notre dernier repas pélerin.

Sinon hier soir, j’ai eu le plaisir de faire la connaissance de deux irlandaises, Yvonne et Ursula. Pélerines, elles prenaient le frais sur le chemin, en robe, ce qui est peu courant. Yvonne vit en Australie, elle parle très bien le français et nous échangeons sur l’Irlande et sur l’Australie. Ce fut un moment d’échanges intéressants.

Au niveau de “radio camino” signalons la présence discrete mais réelle et constante de la Guardia Civile et des polices locales. Nous doublons aussi une pélerine jeune qui chemine en jupe. Avec Pedro, celà nous rappelle les “janettes” du temps des scouts. A Rua, autre surprise, nous renseignons un jeune anglais qui avance avec son fils en poussette et parait fatigué. Pedro le rassure sur la proximité des albergues.

Il est 17h15, toute l’équipe est en forme et piaffe d’impatience en attendant l’arrivée à Santiago.

Pierre et Laurent

Samedi 30/05/09 Palas de Rei - Ribadiso 26 km

Classé dans : Uncategorized — pierrelaurent @ 6:28

Rien à signaler de particulier concernant l’étape d’hier soir où chacun a pris ses quartiers à l’albergue après un dîner agréable pris au frais d’une bodega. Il fait encore très chaud pour dîner dehors. En arrivant en Galice, les menus changent, on nous propose du poulpe, excellent et du poulet aux fruits secs, très bon aussi.

Ce matin nous nous retrouvons dès 6h15 et le petit déjeûner pris, nous nous élançons sur le chemin. Seul un petit tee-shirt suffit, la journée s’annonce caniculaire et de fait elle le sera.

Nous passons de vallons en vallons par des chemins larges et entretenus. Nous traversons de nombreux hameaux ruraux. La vie semble ici paisible et les gens s’affairent aux travaux des champs, à la fourche pour certains.  Les jeunes ont en général de petites exploitations  laitières et les vaches rouges paissent un peu partout dans les prés environnant les villages. La nouveauté dans le paysage est constitué par les nombreux bosquets d’Eucalyptus. Alors que la matinée avance, par moment, nous sommes confrontés, même si la montagne s’éloigne, à de fortes côtes sous le soleil qui nous grille le cou et les mollets et qui nous fait transpirer toute l’eau de notre corps. Le cortège de pélerins s’effiloche et beaucoup s’arrêtent à l’ombre d’un auvent d’une auberge. Aujourd’hui à n’en pas douter, il se boira de la bière et le cafetier du camino va s’enrichir.

Enfin, vers 11h30, à la suite de notre ouvreur Pedro, j’arrive. Michel, Pierre et Jean-Paul franchiront le seuil de l’albergue un peu plus tard. Une seule idée alors, se rafraîchir, se doucher, se changer et laver son linge, puis ce sera le sandwich du midi ou la tortilla de Patatas (le plat préféré de Pierre).

Nous sommes installés dans un grand dortoir mais avec un espace individuel suffisant, les 5 équipiers sont rassemblés. Le gite est une ancienne ferme rénovée qui allie à la fois le charme d’autrefois et un confort d’aujourd’hui. Demain sera un autre jour qui nous rapprochera de Santiago et après-demain 1er juin, nous arriverons.

Hasta Luego

Laurent et Pierre

juin 3, 2009

29 mai 09 - 29ème étape:Portomarin - Palas de rei 25 km

Classé dans : Uncategorized — pierrelaurent @ 7:24

Après une soirée agitée, question bruit, à l’albergue OMIRADOR (presque le Parador), l’équipe se met en route à 7 h (6h58 précise Michel). Jean-Paul est parti devant avec 5 mn d’avance. A l’albergue , nous n’avons droit qu’au café en distributeur (c’est mieux que rien !). Laurent et Pedron se plaignent d’une mauvaise nuit, ils ont été génés par le bruit et la poussière. Personnellement, j’ai dormi du sommeil du juste et je me sens en fome pour la 1ère fois depuis longtemps. Chevilles et pieds vont biens. Nous démarrons groupés et avançons avec un brouillard assez dense, mais le temps est doux et beaucoup de pélerins ont commencé l’étape en tee-shirt (Laurent et moi avons opté dès le départ pour cette tenue) Dès la borne 88 km, Laurent et Pedron prennent leur pas de chasseurs alpins, me sentant en forme, celà m’agace et je décide de les rejoindre. Je force un peu, la cheville et les tendons tiennet, je persiste et j’arriverai en tête à la halte de Gonzar pour un café con leche et un croissant. Je change de short car celui qui m’a servi du Puy à Gonzor est mort, il sera brûlé à Finistera. Les copains et amis arrivent, quelques échanges sur la forme et je redémarre. J’arriverai seul à la borne 65.5 km à côté d’une église et d’un bar où je pose mon sac pour attendre l’équipe en buvant un coca-cola. Pedro surgit, je le suis et nous rentrons ensemble en 4h40 à Palas de Rei pour rechercher une auberge. Pedro et Laurent veulent une chambre à deux pour se reposer. J’opte pour l’albergue située en face de la pension où dormiront Pedro et Laurent. Michel quelque peu grognon sur l’instant me rejoint. Il est vite rassuré par le confort de l’albergue et son côté fonctionnel. Jean-Paul fera de même. Nos amis Laurent et Pedron cassent la croûte dans un bar situé plus haut dans la rue. Le reste de l’équipe goûte aux plats de l’Albergue. C’est bon, copieux et peu onéreux. Jean-Paul et Michel font la sieste, je les suivrai après cette page d’écriture.

Aujourd’hui, nous rencontrons beaucoup de canadiens de l’Ontario et des québecquois. A l’albergue nous croisons Adriana et ses copines canadiennes anglophones. André un  québecquois partage notre dortoir et vient du Puy en Velay. Il marche depuis 58 jours et dans 2 jours, il aura terminé avec le camino. Il se sent fatigué me dit-il ! normal après 1550 km à pied !

Et ce matin, avec Laurent, nous marchons un moment avec un grand Ch’ti de Beaumont dans le nord (le village victime d’une tornade en 2003). Il a commancé à Aire sur Adour le 29 avril, est passé à st Jean Pied de Port le 5 mai et est déjà là. Il faut dire que c’est un grand gaillard, solide, dans la cinquantaine. Il a même effectué une étape de 56 km, c’est impressionnant !

Ce matin aussi, je double une hongroise sympa avec laquelle j’échange quelques mots dans un baratin dénommé “le georgien” (par michel et Pedro) car il s’agit d’un amalgame de français, d’anglais et d’allemant auquel s’ajoute le langage des mains ! Les amis se moquent gentiment de moi, mais l’essentiel est de communiquer et d’échanger sur le plus international des chemins.

Enfin, question paysages, avec le beau temps, l’étape du jour rappelle la Haute Loire et les coins de Chambou sur Lignon (j’ai une pensée pour Thérèse LEBRAT et Maurice). Ce pourrait aussi être le centre Bretagne, dans les monts d’Arrée, ou à Guerléclan, ville jumelée avec Sarria (information glanée au syndicat d’initiative de Sarria).

Il est 15h, la vie est belle, à demain

Pierre et Laurent

PS : je viens de converser avec Michel qui m’a décelé une nouvelle maladie… Depuis 4 jours, la fièvre acheteuse. Normal, j’ai remplacé mon short, acheté des tongues, et 2 tee-shirts. Et Pedro porte une bouteille de vin de Galice depuis 2 jours, je l’avais prise au mercado de Sarria…

28 mai 2009 : SARIA - PORTO MARIN - 23 KM

Classé dans : Uncategorized — pierrelaurent @ 6:57

29ème étape : 

La soirée à SARIA, ville de 10 000 habitants fut plus animée qu’à l’habitude en raison du match de foot (finale Barcelone/Manchester). Le bistrot attenant à l’albergue accueille à la fois les pélerins dineurs et quelques locaux supporters. C’est Blanca, une jeune madrilène marcheuse sympathique mais aussi fan du Barça qui sera la reine de la soirée et quelques bières aidant, elle assurera le spectacle jusqu’à la victoire de son équipe. Ce fut un moment très drôle et fort sympathique…

Dès 7h ce matin, nous sommes sur le chemin, le temps donne l’impression de s’être définitivement arrêté sur le très beau, pas un nuage, le soleil n’est pas encore levé mais déjà derrière la fraîcheur matinale la journée s’annonce chaude.

Nous remontons toute la ville, ici comme ailleurs des monuments religieux de toute beauté dont le monastère de Santa Magdalena. Sur un promontoire, face au levé du soleil, un jeune italien joue sur sa mandoline. Nous prenons le temps d’écouter quelques notes et nous nous enfonçons dans la campagne par de jolis chemins qui traversent d’innombrables petits hameaux, des paturages verdoyants ou paissent les bovins tranquilles. De vallons en vallons, nous rencontrons des gens nouveaux ou nous retrouvons de vieilles connaissances croisées les jours précédants. Aujourd’hui je marcherai quelques kilomètres avec 2 femmes des Iles Feroé, elles sont très athlétiques et n’amusent pas le chemin, mais tout en avançant à bonne allure, nous devisons autant que notre anglais limité nous le permet, mais suffisament pour apprécier la rencontre. Enfin apparaît Porto Marin, c’est en fait un lac artificiel immense, une vallée noyée avec son village qui a été reconstruit sur la butte. Nous sommes logés à l’albergue OMIRADOR qui surplombe le lac. Logement simples en petits dortoirs et restauration sur place. Il est maintenant 17h, il fait très chaud, il nous reste à flâner, écrire et retrouver de l’énergie pour la journée de demain qui nous rapprochera un peu plus de terme, nous sommes à 90 km de Santiago.

A bientôt

Laurent et Pierre

En complément de Laurent : les rencontres de Pierre et Jean Paul

Les flâneurs que nous sommes progressons lentement entre enchantement de la nature et rencontre de pélerins. Ce jour nous faisons connaissance de Rachël et John, deux anglais s’exprimant très bien en français et très sportifs. Ils marchent depuis Pampelune et ont par ailleurs fait le tour du Mont Blanc et de multiples balades dans les Alpes et les Pyrénées. John, ingénieur dans le bâtiment, me précise que Rachel est beaucoup plus sportive que lui. Nous revoyons aussi Deby, une jeune pélerine Belge flamande (32 ans) qui est une force de la nature. Belle, grande (1m80), charmante, avec beaucoup d’humour, elle nous raconte son parcours de pélerin. Partie le 6 mai de st Jean P. DE Port, elle avale sans difficulté aucune : 30 à 35 km chaque jour. Voici 2 ans, elle a ralié Ganse, son village natale, à Vezelay à pied. Et actuellement elle se destine au métier d’actrice, mais comme celà ne lui permet pas d’en vivre, elle est aussi surveillante de prison en Belgique.

Nous rencontrons aussi Elisabeth du Zimbahée, elle souffre en marchant, il en est de même pour Sylvie la gaspesienne, elle a perdu son ange gardien espagnol et avance avec difficultés.

Pierre - 16h30

juin 2, 2009

Mercredi 27 mai 09-27ème étape FONFRIA-SARRIA 28km

Classé dans : Uncategorized — pierrelaurent @ 8:00

Aujourd’hui nous avons gagné un jour par rapport au guide “Camino Frances”, de ce fait, nous serons bien à Santiago le 1er juin vers midi. Cette nuit à l’Albergue de Fonfria, après un repas simple à base de soupe paysanne et d’une sorte de ragout de boeuf aux pommes de terre, le sommeil fut au rendez-vous malgré les quelques 50 pélerins dont 40 dans un grand dortoir. Réveil avant 6 heures et à l’heure annoncée par la patronne, nous petits déjeunons avant de commencer la longue descente vers TRICASTELA 9 km et 600 mètres de dénivelé. Il fait frais et le ciel est libre de tout nuage, la journée s’annonce superbe. Nous ne serons pas déçus et dès 7h30, conquis par de superbes paysages avec les nuages qui s’intercalent. La Galice vue ce jour, rappelle le pays basque avec ses vallonnements de moyenne montagne et ses fermes toutefois, plus rustiques qu’en France. Nous progressons sur un chemin souvent odorant et couvert de bouses de vaches et autres déjections animales ! Parfois aussi à côté d’une ferme, il se trouve un dépôt d’ordures en plein air. C’est surprenant. Mais cette journée reste un régal pour les yeux. A Tricastele, pause café avec Laurent et Jean-Paul. Michel prend les devants et ne sera pas rattrapé avant SARRIA. Avec jean-paul c’est l’avancé au ralenti avec poses photos et échanges avec les pélerins de rencontre. Nous ne comptons plus les “OLA” et “BUEN CAMINO”.

Nous doublons une québecquoise de Gaspegée, dont le sac est tombé dans le ravin qui borde le chemin. Heureusement son compagnon pélerin, un espagnol, réussit à le récupérer et d’autres marcheurs l’aident à remonter sur le chemin. Peu après, nous stoppons pour une photo devant une magnifique fontaine. Nous y retrouvons STEVE le Texan, dèjà vu, mais aussi Patrick l’irlandais et Catherine une jeune et ravissante australienne de Melbourne. Elle parle très bien le français et se destine au métier d’ergothérapeute, elle est en Europe pour 6 mois, dont 1 sur le camino. Nous avançons doucement et devisons sur l’Australie et le Pacifique. Vers 11 h, avec Jean-Paul nous décidons de presser le pas afin d’être sur d’avoir une place à l’Albergue. Les 5 derniers km sous le soleil paraissent longs. Heureusement vers 13 heurs, coup de fil de Pedro, notre ange gardien et protecteur. Il a trouvé 5 places à l’Albergue à l’entrée de SARRIA. c’est nickel question hébergement et accueil. Ce sera une bonne halte, d’autant que les accros du foot pourront regarder le match “BARSA-MANCHESTER” ce soir. Et bravo à l’aubergiste pour la qualité de son pain et de ses charcuteries. Laurent ne tarit pas d’éloge sur ses produits. Et en prime, aujourd’hui, nous disposons d’une machine à laver le linge pour une vraie lessive ! Michel et Laurent s’en occupent. Merci les amis.

Avant de se quitter, cher Lecteur, chère Lectrice, voici une petite information écolo économique glanée sur “RADIO CAMINO”. L’envers du décors avec les éoliennes qui poussent partout en Espagne, au gré d’investissements privés non coordonnés, ce sont des lignes à haute tension qui balafrent le paysage. Comme ce sont des sociétés privées, les choses ont tendance à se réaliser dans une douce anarchie.

il est preque 17h, le soleil est très chaud et bienfaisant. A demain pour d’autres nouvelles. Il reste 112 km de marche avant Santiago.

Pierre et Laurent

SORTELLA - FONFRIA 26 MAI 2009 (28 km)

Classé dans : Uncategorized — pierrelaurent @ 7:36

Ce matin départ 06h30, le temps est doux, la météo plutôt optimiste et les 5 compères gaillards. L’épopée comporte 3 cols dont le fameux Calneiro qui avoisine les 1400 mètres.

Nous faisons nos derniers pas en Castille et plus précisemment dans la petite province de Bierzo que nous avons déjà mentionnée… eu égard à ses vins dont hier soir nous nous sommes encore délectés avec le menu Pélerin.

La 1ère heure de marche se réalise sans difficultés au travers des chataigneraies, des petits villages et des potagers qui sous la route surplombent la rivière. Puis la pente se raidit, les vallées s’approfondissent, la montagne apparaît alors dans toute sa splendeur et sa dureté. Certes le soleil fait de timides apparitions mais plus nous montons plus les nuages nous enveloppent au point d’arrivée le col de Cebreiro dans un univers complètement ouaté.

Pedro et moi sommes installés depuis quelques minutes autour d’une boisson chaude quant arrivent nos 3 camarades, toujours gaillards qui à leur tour se restaurent dans cette taverne du haut du col.

Il nous reste alors 12 km à parcourir, les plus difficiles de la journée. Les nuages ont décidé de s’accrocher aux pentes de la montagne, par moments, nous voyons à 10 mètres mais il ne pleut pas, le chemin reste donc relativement sec. Le paysage doit être grandiose, on entend souvent sur le soir, les chaînes des vaches en pâturage. Les maisons sont recouvertes de Lauzes et comme en Bretagne et en Irlande les prés sont entourés de murets de pierres, la nature est d’un vert irlandais. La pente qui nous mène au dernier col “l’Alto Païo” est d’une violence assez inouie, à nous faire éclater les cuisses après 25 km de marche en montagne.

Nous piquons alors sur le village de Fonfria pour rejoindre l’auberge du jour, sur ce versant, le plafond commence à se lever et peu après notre arrivée, le soleil apparaitra un peu après l’arrivée de nos 3 compagnons fourbus par l’effort. Avant toute toilette, nous nous restaurons de jambon et de gros pain de campagne. Nous entrons dans le pays cidre, qui se sert comme la bière à la pression, et autre particularité : quand vous commandez un café on vous dépose aussi la bouteille de “Agua de Fuego” pour rincer la tasse et le gosier ! L’étape s’annonce sympatique, nous allons nous refaire une santé pour demain ; notre objectif étant SARRIA 27 KM, mais en terrain moins hostile, plutôt descendant. Nous sommes ce soir à 139 km de Santiago, il nous reste 6 étapes : lundi 1er juin nous serons arrivés.

Hasta Luego

Laurent et Pierre

Commentaires de Pierre sur l’étape : Pour les 3 suiveurs, les 14 km jusqu’à Ocebrero ne posent aucun problème, toutefois les 12 derniers vers Fonfria seront fastidieux du fait du vallonnement du terrain et du brouillard. A signaler que les lanciers Pedro et Laurent ont opté pour 1 chambre à 2 lits alors que les pauvres pèlerins Michel, Jean-Paul et moi nous nous contentons du dortoir de 40 lits ! au demeurant vivant et sympa. Signalons une rencontre insolite : celle de P’tit Louis et Jean-Marie. Jean-Marie revient de Santiago et rentre chez lui, il en est à son 4ème pélerinage, quand à P’tit Louis, il est de Libourne, a 64 ans, et marche depuis 20 ans pour une raison qu’il veut garder secrète. Présentement, il arrive de Rome et va à Santiago avec son jeune chien. L’hiver,  il vit de petits boulots, notamment de la coupe de bois. Bref c’est un vrai chemineau au sens de jean GIONO.

PIERRE

mai 31, 2009

Dimanche 31 mai 2009

Classé dans : Uncategorized — pierrelaurent @ 5:48

Ce doit être l’avant dernière étape si tout va bien depuis les dernières nouvelles :

Arrivée demain vers 12 H çà St jacques de Compostelle !

 Colette, Grâce, un frère de Laurent et son épouse, seront là bas pour les accueillir !

Moi-même et J Jacques partiront demain aussi pour les revoir mardi à St Jacques !

(La suite du journal sera effectuée encore, avec un peu de retard, normalement)

Pierre vous donnera peut-être aussi des nouvelles sur ce blog.

Amitiés à tous,  Nicole Chopin

mai 29, 2009

Lundi 25 mai 2009 - 25è étape - Cacabelos-La Portela de Valcarce - 23,5 km

Classé dans : Uncategorized — pierrelaurent @ 4:50

Après 2 jours marqués par des marches de 29 kms et 31 kms, voici appremment une étape de transition (23 kms) qui permet aux organismes fatigués de se refaire une santé. Aujourd’hui, ce sera une étape effectuée en grande partie avec la cape, car la pluie, fine et intermittente, sera toujours présente.

L’auberge municipale de Cacabelos est fonctionnelle et confortable, hormis le fait qu’elle ne possède pas de cuisine. Elle est insolite et est … car les 72 lits sont répartis par chambrette de 2 lits le long du mur d’enceinte d’une vieille église. Les pélerins y passeront une bonne nuit, seulement dérangés vers minuit par 4 allemands éméchés et bruyants, sans savoir-vivre, ni respect pour le sommeil d’autrui.

Pedro, Michel et Jojo le vendéen, prennent la route vers 7h20 ; Laurent, Jean-Paul et moi, suivront 20 mn plus tard, après de frugales agapes matinales.

De Cacabelos à la jolie ville de Villafranca del Bierzo, le chemin s’insinue au milieu des vignes qui occupent tous les vallons et laissent un peu d’espace aux cerisiers (nous en dégusterons d’ailleurs quelques unes en passant) ; le paysage est joli et rappelle un peu le Beaujolais, en plus montagneux. Dommage que le ciel soit couvert. Heureusement, le temps est frais et propice à la marche. Vers 9h30, nous faisons une halte dans un bar de Villafranca pour le traditionnel “café com letche” et le “pain beurre”.

Ensuite, après quelques photos pour conserver un souvenir de cette charmante cité aux multiples églises et monuments, nous nous engageons dans la vallée encaissée qui nous mènera à Portella del Valcarce. Le chemin longe la route nationale et passe de nombreuses fois sous l’autoroute. Celà est long et gênant du fait des nombreux véhicules qui trimballent notamment une pollution sonore. Heureusement, nous traversons aussi deux jolis petits villages de montagne : Pereje et Trabadelo.

A midi et quart, Pedro et Michel sont à l’Albergue que nous rejoindrons 1/2 h plus tard. Toutefois, Laurent, piqué par je ne sais quelle mouche, accélérera à partir de Trabadelo. Je suppose que celà est dû à la perspective de la fin de l’étape. Nous passerons donc l’après-midi à l’albergue de Portella de Valcarce, petit village sans autre commerce. L’hébergement se fait par chambre de 4 et est de qualité.

Voici quelques faits marquants du Camino. Dans les bars et albergues, nous sommes rattrappés par la campagne électorale espagnole pour les européennes. Les joutes politiques paraissent vives entre le PSOE au pouvoir, le PP (parti populaire) dans l’opposition.

Autre nouvelle hier soir, nous avons croisé le 2è pélerin musulman ; il s’agit d’un marocain vivant en Allemagne et marié à une niçoise. Nous parlons brièvement d’Israël et de la Palestine. Je lui rappelle que Mohamed V avait une attitude protectrice à l’égard des juifs marocains en 1942. Il avait refusé d’obéir au gouvernement de Vichy.

Derniers échos du chemin : Jojo, Corinne et Alain, qui faisaient pélerinage commun avec nous depuis quelques jours, ont pris de l’avance. Nous les reverrons sans doute à Santiago. A tout hasard, nous avons échangé les adresses e-mail et les n°s de téléphone.

Il est 15h30, nous passerons une soirée calme, propice au repos avant l’étape de montagne qui nous attend demain.

Pierre et Laurent

22 mai 2009 - Hospital de Orbigo-Astorga-Santa Catalina - 26 kms

Classé dans : Uncategorized — pierrelaurent @ 4:26

(Courrier reçu le 29 mai après les 23-24è étapes)

La soirée à Hospital de Orbigo fût une vraie soirée d’été, d’ailleurs les pélerins sont restés jusqu’à 22 h dans la cour de l’Auberge paroissiale à deviser et boire le coup, d’habitude à 21 h c’est l’extinction des feux et boules Quies pour les plus fragiles.

Auparavant, dans un petit resto sympa, nous avons dîné, une douzaine de compagnons (toujours les mêmes 10 francophones et 2 anglophones), c’était l’anniversaire de Christine une drômoise de Valence, quelques flacons se sont vidés…

Ce matin, grand beau temps sur le plateau, le chemin s’éloigne de la route et les paysages retrouvent toute leur splendeur. Nous passons du bosquet de chênes verts aux grands champs de céréales, nous suivons des chemins bordés de genêts en fleurs et, après 6 kms, nous prenons notre 1er café à Villares, et 10 kms plus loin nous découvrons depuis la crète la très belle ville d’Astorga, d’une richesse architecturale pareille à celle de Léon, hier. Nous visitons la cathédrale baroque à l’extérieur et d’un très beau gothique intérieur ; nous longeons le musée Gaudi qui de mon point de vue a fait mieux à Barcelone. Et nous nous reposons un peu sur la très belle plaza Mayor face à l’hôtel de ville. Nous y croisons Pierre, Michel et Jean-Paul, le chanteur lyonnais, qui arrive dans la ville alors que nous la quittons, cap à l’ouest, vers les monts enneigés qui à nouveau nous barrent l’horizon. Nous n’y couperons pas, dimanche il nous faudra passer au col du Cebreiro et dès demain nous commençons à monter vers El Acebo avant la rare étape de montagne…

L’arrivée sur Santa Catalina de Somnoza se fait sur un superbe chemin et le gîte privé dans lequel nous prenons nos quartiers cet après-midi : chambre à 4 lits, salle de bain privative, draps et serviettes de bain ; après la rusticité des Albergues, pour 15 euros chacun, nous allons profiter d’un peu de douceur.

A demain   Laurent et Pierre

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